Maille et structure

Tissu scuba : ce qui le distingue du ponte et du néoprène, et la carte des grammages

Le scuba est un tricot double face avec élasthanne, réalisé sur double fonture : face lisse, léger ressort, extensibilité quatre sens. Ce n’est pas du néoprène — il n’y a pas de mousse à l’intérieur. Ce n’est pas non plus du ponte : le ponte s’étire dans deux sens et porte une fine côte, le scuba s’étire dans quatre sens et se lit plat. Ce guide sépare les trois et cartographie la plage 200–400 g/m² vêtement par vêtement.

8 sections 6 termes ~5 min

Le scuba est l’article le plus mal nommé de la maille. Un même mot désigne sur le marché trois matériaux différents : le néoprène à âme de mousse d’une combinaison de plongée, le ponte di roma des patronages tailleur, et le scuba proprement dit — un double tricot élasthanne à face plate et extensibilité quatre sens. Pour un acheteur, la distinction n’a rien d’académique : une série d’échantillons mal étiquetée coûte deux semaines et un essai de patronage. Les distinctions qui suivent viennent du côté production, c’est-à-dire de ce que la machine fait réellement.

Ce qu’est le scuba, défini par la construction

Le scuba est tricoté sur métier circulaire à double fonture, en maillage serré, l’élasthanne étant intégré à la structure. Il en résulte une étoffe d’une seule pièce : deux faces lisses et mates, des bords coupés qui ne roulottent ni ne s’effilochent, un corps plein mais plein de ressort. Une composition typique est 90–95 % de polyester pour 5–10 % d’élasthanne ; la part d’élasthanne commande l’extensibilité quatre sens et le retour. La plénitude vient du tricot lui-même — aucune couche n’est collée.

Scuba et néoprène : la ligne de partage est l’âme en mousse

Le néoprène est un matériau contrecollé en trois couches — tissu, mousse, tissu. La mousse centrale le rend étanche et isolant, mais il ne respire pas et son épaisseur complique la couture. Le scuba n’a pas cette âme ; l’étoffe est tricotée, rien n’est laminé. Le nom partagé vient de l’allure : le scuba imite la tenue ferme et charpentée du néoprène. Le test pratique est simple — regardez un bord coupé. Dans le néoprène, une bande de mousse est visible au milieu ; dans le scuba, la coupe est de la maille de part en part.

Scuba et ponte : sens d’extension et face

Le Ponte di Roma (Punto di Roma) se tricote lui aussi sur double fonture et constitue le parent le plus proche du scuba. Ils se séparent sur trois points. D’abord la face : le ponte porte une fine côte horizontale, le scuba se lit plat. Ensuite l’extensibilité : le ponte travaille typiquement en deux sens et reste plus stable, le scuba en quatre sens avec davantage de ressort. Enfin la fonction : le ponte a sa place dans les pantalons et vestes tailleur qui doivent tenir le patronage immobile, le scuba dans les bodys, leggings et robes structurées qui doivent épouser le corps et revenir.

Scuba, ponte et néoprène comparés sur des axes mesurables
CritèreScubaPonte di RomaNéoprène
ConstructionDouble tricot d’une pièceDouble tricot d’une pièceTissu-mousse-tissu, contrecollé
Âme en mousseAbsenteAbsentePrésente — c’est la ligne de partage
Sens d’extensionQuatre sensDeux sensLimité, vient de la mousse
FacePlate et mateFine côte horizontaleAspect caoutchouc, fermé
Plage de grammage200–400 g/m²270–360 g/m²Se mesure en épaisseur 1,5–5 mm
RespirabilitéRespireRespireNe respire pas
Bord coupéNe roulotte ni ne s’effilocheNe roulotte pasLe bord reste ouvert
Usage typiqueBodys, leggings, robes structuréesPantalons et vestes tailleurCombinaisons de plongée, équipement technique

La troisième confusion : le scuba crêpe

L’étoffe vendue sous le nom de « scuba crêpe » présente une face grenue et une main plus fluide ; elle se situe en général entre 200 et 300 g/m² et reste plus légère que le scuba lisse. Elle vient de la même famille mais c’est une autre surface, et elle tombe autrement. Dire « scuba » lors d’une demande d’échantillon ne suffit pas : précisez la face lisse ou la face crêpe, sinon le premier tour sera perdu.

La carte des grammages : quelle plage pour quel vêtement

Le grammage est la variable la plus déterminante du scuba. La plage 200–250 g/m² est destinée aux pièces qui suivent le patronage : leggings, bodys, hauts plus légers — légers et mobiles, l’opacité sous tension devant toutefois être vérifiée à part via la densité du tricot. La plage 250–350 g/m² est la travée de travail des pièces structurées — robes, jupes, blazers et panneaux de gainage ; le métier l’appelle la plage du tailleur. De 350 à 400 g/m², l’étoffe va aux couches extérieures, aux vestes construites et à l’usage décoratif : l’isolation monte, le tombé baisse. La fenêtre de production de Fersan est de 200–400 g/m².

La carte des grammages du scuba : fonction, main et saison
PlageFonction typiqueMainOpacité sous tensionSaison
200–250 g/m²Leggings, bodys, hauts légersLégère et mobileÀ vérifier via la densité du tricotTrois saisons
250–350 g/m²Robes, jupes, blazers, panneaux de gainageStructurée, porte le patronageGénéralement sûreAutomne–printemps
350–400 g/m²Couches extérieures, vestes construites, décoratifLourde et ferme, peu de tombéÉlevéeHiver

Ce que change la part d’élasthanne

En dessous de 5 % d’élasthanne environ, l’étoffe cesse d’être véritablement quatre sens et devient une extensibilité de confort ; au-dessus de 10 %, le comportement de compression commence et, en teinture, la migration du colorant dispersé dans la phase élasthanne pèse sur la solidité au frottement humide. Ce seuil a aussi un sens douanier : une étoffe de bonneterie contenant 5 % ou plus de fils d’élastomères en poids se déclare en 6004.10, en dessous en 6006.32. La part d’élasthanne fixe donc non seulement la main, mais la déclaration.

Couture et transformation : où l’on se trompe

L’erreur la plus fréquente avec le scuba porte sur la température de fer et de presse : une part élevée d’élasthanne est sensible à la chaleur, et un excès fatigue l’élasthanne, si bien que la pièce perd définitivement son retour. Comme les bords coupés ne roulottent ni ne s’effilochent, le surjet n’est pas obligatoire — c’est précisément ce qui autorise des finitions nettes dans une conception précise, guidée par le patronage. Si les marques de couture sont indésirables, l’aiguille et la densité de point se choisissent pour un tricot élasthanne. La stabilité dimensionnelle se construit par thermofixage et se confirme par mesure après lavages répétés.

Le côté commande : que demander

Quatre questions sont à poser à un fournisseur de scuba : quelle est la fenêtre de grammage, quelle est la part d’élasthanne et sur quelle plage varie-t-elle, quel est le minimum par coloris, et une version recyclée (rPET) peut-elle être documentée sous périmètre GRS. Les filières qui cotent à la tonne sont courantes ; pour une marque qui développe une collection, une plage de 500 à 1 000 kg par coloris est un seuil nettement plus accessible. L’échantillonnage et les lab dips se déroulent hors de ce seuil.

Questions fréquentes

Le scuba est-il la même chose que le néoprène ?

Non. Le néoprène est un matériau contrecollé en trois couches — tissu, mousse, tissu — et il ne respire pas. Le scuba est tricoté d’une seule pièce, ne contient pas de mousse et respire. Un bord coupé tranche la question : le néoprène montre une bande de mousse au centre.

Quelle différence entre le scuba et le ponte ?

Le ponte porte une fine côte horizontale, s’étire en deux sens et reste plus stable ; le scuba a une face plate, s’étire en quatre sens et a plus de ressort. Le ponte convient aux pantalons et vestes tailleur, le scuba aux bodys, leggings et robes structurées.

Quel grammage choisir en scuba ?

200–250 g/m² pour les leggings et bodys qui suivent le patronage, 250–350 g/m² pour les robes structurées et blazers, 350–400 g/m² pour les couches extérieures et l’usage décoratif. L’opacité sous tension vient de la densité du tricot, non du seul grammage.

Le scuba crêpe est-il identique au scuba lisse ?

Non. Le scuba crêpe a une face grenue, tombe davantage et se situe en général entre 200 et 300 g/m² ; le scuba standard a une face lisse et plus de corps. Même famille, comportement différent — précisez la face lors de la demande d’échantillon.

Le tissu scuba respire-t-il ?

Il respire bien mieux que le néoprène puisqu’il n’y a pas d’âme en mousse fermée, mais un scuba lourd et serré reste chaud en été. Si la gestion de l’humidité compte, choisissez la plage 200–250 g/m² avec un apprêt hydrophile.

Peut-on repasser le scuba ?

Uniquement à basse température et avec une pattemouille. La forte part d’élasthanne est sensible à la chaleur ; un fer ou une presse trop chaude fatigue l’élasthanne et la pièce perd définitivement son retour.

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Si les guides n'ont pas répondu à votre question, parlez-en à notre équipe ; nous planifierons le grammage et la composition selon vos besoins.

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